Ne le 16 aout 1929 a Plainfield, dans le New Jersey, William John Evans - second fils d'Harry L. Evans, Gallois naturalise Americain, et de sa femme, d'origine russe - recoit tres tot quelques lecons de violon, son frere Harry pratiquant deja le piano. L'enfant ne peut pourtant cacher longtemps l'interet qu'il porte lui aussi au piano, attentif aux cours que recoit son frere d'un professeur particulier au point d'aller, apres chacun d'eux, reproduire sur l'instrument les airs qu'il y a entendu. Devant l'evidence, ses parents finissent par ceder et Bill debute son apprentissage du piano a l'age de six ans?: bientot, improvise autant qu'il joue d'oreille des themes du repertoire classique ou quelques-unes des melodies qu'il entend a la radio.
Une education musicale
Apres des annees reglees en fonction de trois heures de lecon quotidienne, Bill Evans est envoye en 1946 au Southern Louisiana College d'Hammond. A cote de l'enseignement qu'il y recoit - cours d'harmonie, entre autres, dispenses par le contrebassiste George Platt -, le jeune homme profite de la compagnie qu'il y trouve pour former, en compagnie du contrebassiste Connie Atkinson et du batteur Frank Robell, un trio servant une musique d'agrement dans quelques clubs de Magnolia Street, a la Nouvelle-Orleans. Mais peu a peu, Evans s'ouvre au jazz?: pour trouver un interet a la musique de Nat King Cole, d'abord, puis encore davantage lorsqu'il fait la decouverte de Bud Powell, pianiste qu'il entend notamment sur les enregistrements de Dexter Gordon produits par le label Savoy.
La tentation du jazz
??Bud [Powell] a ete ma principale influence, parce qu'il a le sens de la forme??, avoua Bill Evans. Afin d'en apprendre encore, le voici investissant en amateur passionne le champ du jazz?: ecoute de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, et puis, evidemment, de pianistes capables, presque autant que Powell, de l'impressionner?: George Shearing, Oscar Peterson, Earl Hines ou Dave Brubeck. Bientot erudit en la matiere, l'etudiant ne s'interdit pas pour autant de se faire remarquer en donnant sa lecture de classiques plus aptes a lui faire decrocher, au printemps 1950, un double diplome (piano et enseignement) releve du sceau du Southern Lousiana College?: Bach, Beethoven ou Kabalevski. Initie pendant son parcours scolaire a la composition, Evans signe pour le moment une valse?: ??Very Early??, qu'il enregistrera au debut des annees 1960.
A son passage par Hammond, le pianiste doit aussi une rencontre d'importance?: celle de Mundell Lowe, guitariste alors employe dans l'orchestre du batteur Ray McKinley, qui l'invite a le rejoindre des que possible a New York. Avant cela, Evans doit repondre des 1951 de ses obligations militaires?: stationnant a Fort Sheridan, il y passe son temps dans l'orchestre (a la flute) ou a regarder des films de Walt Disney (dont il reprendra plus tard quelques themes musicaux). La, le jeune homme rencontre aussi Earl Zindars, compositeur dont il defendra souvent les oeuvres, et compose, en hommage a sa petite niece, une ??Waltz for Debby?? qui sera la plus celebre de ses compositions. En janvier 1954, enfin, Bill Evans est demobilise, retrouve le domicile familial ou il passe quelques mois derriere son piano avant d'etre contraint, ses parents demenageant pour la Floride, de prendre son envol.
New York
Lorsqu'il arrive a New York, cette meme annee 1954, Bill Evans est bien decide a faire du jazz son langage en musique. Apres avoir emmenage dans un studio dont il reduit l'espace en y installant un piano, il s'inscrit au Mannes College of Music, dans une classe ouverte aux eleves de troisieme cycle, et court le cachet avant de commencer a frequenter des jam-sessions dans lesquelles il impose bientot sa technique. Et puis, ce sont les premiers engagements en clubs?: au Village Vanguard, d'abord, sur la scene duquel il partage l'affiche avec le Modern Jazz Quartet mais a du mal a se faire entendre du public. Avec le Vanguard, Evans vient surtout d'inaugurer sa longue collaboration.
Apres avoir connu sa premiere experience d'enregistrement en studio en tant que membre de l'orchestre du clarinettiste Jerry Wald, Evans enregistre au printemps 1955 aux cotes de Lucy Reed - chanteuse qui lui presentera le compositeur George Russell, avec lequel Evans entre en studio une premiere fois fin mars 1956 - et de Dick Garcia, guitariste employe dans l'orchestre du clarinettiste Tony Scott, qui connait alors un certain succes et proposera a Evans de rejoindre sa formation. Apres avoir refuse une premiere fois l'invitation - pour ne pas manquer ses cours au Mannes College -, le pianiste repond favorablement a la seconde sollicitation de Scott, avec lequel il part en tournee et enregistre. Jusqu'en 1959, il intervient dans differents groupes menes par le clarinettiste, aupres duquel il retrouve Mundell Lowe - le guitariste le faisant instantanement membre de son trio, au meme titre que le contrebassiste Red Mitchell - et fait la connaissance de Teddy Kotick et Paul Motian, contrebassiste et batteur qui seront ses partenaires lorsqu'il enregistrera pour la premiere fois sous son nom.
Nouvelles conceptions du jazz
Pour Riverside, Bill Evans enregistre en solo le 18 septembre 1956 les trois premiers titres de New Jazz Conceptions, oeuvre qui inaugure sa discographie personnelle?: ??Waltz for Debby??, ??My Romance??, de Rodgers & Hart, et ??I Got It Bad (And That Ain't Good)??, de Duke Ellington. Quelques jours plus tard, c'est aux cotes de Teddy Kotick et Paul Motian qu'il s'occupe de rendre en trio le reste d'un repertoire qui fait autant etat de l'admiration du leader pour les pianistes Bud Powell et George Shearing que de conceptions musicales plus personnelles (a defaut d'etre veritablement ??nouvelles??), notamment sur ??Five??. Si Evans doutait, a l'epoque de ces seances, d'avoir deja a dire musicalement, il n'en reste pas moins que le disque fut accueilli tres favorablement par la critique, notamment par la revue Down Beat.
Il faudra un peu de temps avant que le pianiste retourne en studio pour son compte, preferant reapparaitre en sideman applique aux cotes de George Russell pour conclure les enregistrements de ce que le label RCA fera paraitre sous le nom de Jazz Workshop. La, en octobre 1956, le pianiste se fait notamment remarquer sur le titre ??Concerto for Billy the Kid??, qui l'impose en interprete de choix d'une musique de jazz aussi cerebrale qu'alerte. Ayant fait ses preuves dans le domaine, Evans se verra plusieurs fois convoque en studio par l'autre grand representant d'un ??troisieme courant?? musical cherchant a reconcilier musique classique et jazz?: Gunther Schuller.
Dans le meme temps qu'il continue de servir l'esthetique appuyee de Tony Scott, Evans multiplie les experiences?: participant en juin 1957 aupres de Schuller au Festival des Arts a l'Universite de Brandeis?; enregistrant, en septembre, au sein du sextette de Charles Mingus. Toujours en sideman, il entre ensuite en studio aupres du tromboniste Jimmy Kneeper, puis en tant que pianiste de celle du saxophoniste Sahib Shihab. Au debut de l'annee suivante, il accompagne encore le vibraphoniste Eddie Costa ou la chanteuse Helen Merrill avant de faire ses premiers pas aupres d'un partenaire de renom?: Miles Davis, trompettiste avec lequel Evans entre en studio pour la premiere fois en mai 1958. A ses cotes, aussi?: les saxophonistes Cannonball Adderley et John Coltrane.
Partenaire de Miles Davis
Miles Davis fut un des rares spectateurs attentifs des premieres prestations que Bill Evans donna au Village Vanguard. Lorsque Red Garland decide de quitter sa formation, en fevrier 1958, le trompettiste demande a Evans, qui lui a ete presente par George Russell, et, par consequent, est au fait d'un jazz modal qui pourrait convenir a son insatiable desir de nouveaute, de le remplacer. Des la fin du mois d'avril 1958, Bill Evans est fait membre de la formation de Davis, avec laquelle il donne de nombreux concerts et enregistre (les albums Jazz Tracks, Miles & Monk at Newport, Jazz at Plaza, notamment) dans le meme temps qu'il entame une autre collaboration de taille?: avec Philly Joe Jones, batteur avec lequel il donne deja des concerts d'un genre plus personnel.
S'il satisfait Davis - et aussi Adderley, qui l'invite a participer a l'enregistrement de son Portrait of Cannonball -, Evans ne peut rien contre les passions d'amateurs regrettant le depart de Red Garland, intervenant au jeu plus affirme. En novembre, apres un dernier concert donne avec le trompettiste au Village Vanguard, il met un terme a une collaboration dont il dira par la suite qu'elle fut difficile?: pour s'etre vu reprocher son style par une partie du public du trompettiste, pour ne lui avoir pas permis d'evoluer a son propre rythme et l'avoir aide a ceder a l'appel de l'heroine. Sorti de la formation de Davis, le pianiste trouve un temps refuge aupres de sa famille?: s'occupe de son pere, souffrant, tandis qu'il doit faire face a une periode de doute?: le jazz serait-il veritablement son affaire??
Retour en bleu
Sa periode de doute surmontee, Bill Evans retrouve le chemin des studios le 15 decembre 1958 en compagnie de Philly Joe Jones et de Sam Jones, batteur qu'il cotoya aussi lors de l'enregistrement de Portrait of Cannonball. Avec eux, il sert en leader un repertoire auquel il inscrit seulement deux compositions personnelles (??Epilogue?? et ??Peace Piece??, piece sophistiquee de piano solo) pour celebrer ailleurs les talents de Gigi Gryce (??Minority??, enregistre plus tot avec Adderley), Cole Porter (??Night and Day??) et Sonny Rollins (??Oleo??). S'appropriant chacun des themes au son d'un toucher singulier, Evans profite aussi des temoignages de reconnaissance que de grands noms du jazz ont accepte de voir porter au dos de la couverture d'Everybody Digs Bill Evans. Celebrant ici l'excellence de la pratique instrumentale du pianiste?: George Shearing, Miles Davis, Cannonball Adderley ou encore Ahmad Jamal.
Le mois suivant, Evans se fait remarquer aupres de Philly Joe Jones et du contrebassiste Paul Chambers en element de la section rythmique que Chet Baker emmene a l'occasion de?l'enregistrement de Chet, puis, debut mars, participe a la premiere seance necessaire a Kind of Blue. Depuis son depart de la formation de Miles Davis, Evans a ete remplace par Wynton Kelly, mais le trompettiste fait appel a lui pour participer a un projet elabore de son temps, qui concerne un desir de modalite. S'il a toujours refuse de partager avec son pianiste la paternite d'un chef-d'oeuvre qui lui doit pourtant beaucoup, on sait le trompettiste coutumier du fait d'emprunter a autrui (Gerry Mulligan et Gil Evans, d'abord?; plus tard, Herbie Hancock ou Wayne Shorter) pour briller en individualiste.
L'heure du premier trio
A l'automne 1959, mettant un terme a sa collaboration avec Tony Scott, Bill Evans se considere enfin pret a mener un trio regulier. Apres avoir essaye plusieurs partenaires sur la scene du Basin Street East de New York, il arrete son choix sur Paul Motian et Scott LaFaro - contrebassiste ayant travaille avec Chet Baker, Barney Kessel ou Stan Getz, qui sera a l'affiche du Free Jazz d'Ornette Coleman. Le 28 decembre, le pianiste enregistre avec eux Portrait in Jazz, disque sur lequel il se reapproprie de ??Blue in Green?? de Kind of Blue et finit d'imposer sur une grande version d' ??Autumn Leaves?? l'esthetique qui sera la sienne. Le secret de la reussite?: la liberte que le leader arrive a trouver au sein meme de ses partitions, grace a l'idee singuliere qu'il se fait d'une improvisation collective qui ne soigne pas le soliste au detriment des autres intervenants.
Son art du trio, Evans le donne ensuite a entendre en concerts?(tournees a travers les Etats-Unis, prestations au Town Hall puis au Birdland) apres lesquels il est elu troisieme pianiste de l'annee - apres Thelonious Monk et Oscar Peterson - par la redaction de Down Beat, ce qui ne l'empeche pas d'oeuvrer, en 1960 et 1961, a d'autres esthetiques?: Third Stream aux cotes de George Russell ou Gunther Schuller et John Lewis?; hard bop aupres, une autre fois, de Cannonball Adderley, des trombonistes Kai Winding et Jay Jay Johnson, enfin, d'Oliver Nelson. Concernant les disques qu'il enregistre avec ce qui sera considere comme son trio classique, compter Explorations et, surtout, Sunday at the Village Vanguard.
L'apres LaFaro
Le 25 juin 1961, Orrin Keepnews decide d'enregistrer le trio, qui se produit sur la scene du Village Vanguard. Les disques que le producteur tirera de cette captation attesteront de l'entente exceptionnelle d'une association interrompue quelques jours plus tard, lorsque Scott LaFaro trouve la mort dans un accident de voiture. Apres le drame, Evans se retire, refusant plusieurs mois durant de toucher a son instrument de predilection, et puis revient?: en decembre, il retrouve Paul Motian lors de la premiere seance d'enregistrement du Nirvana du flutiste Herbie Mann, et rencontre la le contrebassiste capable de succeder - dans un autre genre, toutefois - a LaFaro?: Charles Chuck Israels.
Inaugurant sa collaboration au debut de l'annee suivante au Village Vanguard puis au Birdland, le nouveau trio attend le mois de mai pour signer en studio Moon Beams, quand Evans, sur le conseil du producteur Creed Taylor, tente d'autres combinaisons?: duos enregistres en compagnie du guitariste Jim Hall?; quintette qu'il emmene sur Interplay?; enfin, premier disque enregistre en solo pour Riverside, tandis qu'il vient de signer avec le label Verve?: The Solo Sessions. Quelques semaines plus tard, c'est a ce nouveau label que le pianiste destine Conversations with Myself, sur lequel il lui arrive d'enregistrer trois prises qu'une seule et unique piste donnera a entendre en simultanee.
Differents trios
Autre formation inattendue?: le duo que forment Bill Evans et Chuck Israels sur la scene du Shelly's Manne Hole de Los Angeles, qui atteste du desaccord du contrebassiste et de Paul Motian, force de laisser sa place dans le trio - qu'il retrouvera a quelques reprises, notamment sur le disque Trio 64, sur lequel intervient aussi le contrebassiste Gary Peacock. En compagnie d'Israels et de Larry Bunker, Evans reinterroge donc la formule du trio, qu'il augmente en 1964 lors d'une collaboration qu'il jugera decevante avec Stan Getz, et emmene pour la premiere fois a Paris en 1965. L'annee suivante, apres un concert au Town Hall, c'est cette fois a Israels de quitter la formation d'Evans, pour avoir ete nomme directeur du National Jazz Ensemble.
Il faut attendre juillet pour que le pianiste mette la main sur celui qui saura succeder a Israels?: sur la scene du Vanguard, encore, le voici maintenant donnant les gages de son entente avec le batteur Arnold Wise, et, surtout, le contrebassiste Eddie Gomez, jeune diplome de la Juilliard School of Music et disciple de LaFaro. A l'automne, Evans et Gomez enregistrent A Simple Matter of Conviction en compagnie du batteur Shelly Manne, disque qui inaugure leur belle et longue collaboration, que Philly Joe Jones viendra consolider des le mois de mai 1975.
Presence d'Eddie Gomez
Lors de concerts au Vanguard (avec Jones), au festival de Montreux (avec Jack DeJohnette, batteur bientot debauche par Miles Davis) puis au Vanguard encore (avec John Dentz puis Marty Morrell, amene a durer dans le trio), Evans et son contrebassiste scellent leur entente en 1968 et 1969, au point que Gomez peut quelques fois donner l'impression d'avoir pris l'ascendant sur son leader. Celui-ci, de passer - pour mieux lui repondre, peut-etre - au piano electrique, avec lequel il enregistre notamment From Left to Right. En consequence, l'esthetique d'Evans paraitra changee, parfois plus nebuleuse, en tout cas tout autre?: concert du trio a Montreux en 1971, enregistrements de Symbiosis et d'Intuition (en duo avec Gomez) en 1974, epoque a laquelle Morrell decide de quitter la paire.
Pour se retrouver, Bill Evans enregistre un autre disque en solitaire (Further Conversations with Myself) avant d'accueillir un nouveau batteur?dans sa formation : Eliot Zigmund, qui participe, en 1975, a la seance du Tony Bennett / Bill Evans Album (collaboration a laquelle le chanteur et le pianiste donneront suite l'annee suivante avec Together Again) puis, en 1977, a celle de Cross-Currents (disque sur lequel interviennent aussi les saxophonistes Lee Konitz et Warne Marsh) et You Must Believe in Spring (d'une beaute obscure pour contenir d'intenses dedicaces a Ellaine et Harry, compagne et frere du pianiste, sur ??B Minor Waltz?? et ??We Will Meet Again??) avant de decider d'aller mener son propre trio. A son depart, fait bientot suite celui d'Eddie Gomez.
Dernier trio
Loin d'etre decide a abandonner la formule, Bill Evans accueille d'autres musiciens?dans son trio : retrouvailles avec Philly Joe Jones et Chuck Israels, puis defile des contrebassistes George Mraz, Rufus Reid et Michael Moore, avant qu'arrive, a l'automne 1977, Marc Johnson. Contrebassiste idolatrant lui aussi le travail de Scott LaFaro, Johnson inaugure sa collaboration avec Evans a l'occasion d'une seance organisee sous le nom de l'harmoniciste Toots Thielemans. Avec le batteur Joe LaBarbera, il forme le dernier couple a prendre place dans un trio de legende qu'Evans emmene encore en tournee au debut de l'annee 1979, puis en studio a l'ete, a l'occasion de l'enregistrement de We Will Meet Again. Pour la derniere fois dans ces conditions, le pianiste mene sa formation, qu'il augmente ici des presences du trompettiste Tom Harrell et du saxophoniste et flutiste Larry Schneider.
En septembre, le trio repart en tournee?: Argentine et puis Europe - concerts donnes (et enregistres) a Paris a l'Espace Cardin et a la Maison de la Radio. De retour aux Etats-Unis, c'est au Barkan de San Francisco que les amateurs viendront encore l'entendre, puis au Keystone Korner ou, quelques jours avant la disparition de Bill Evans, des suites d'une hemorragie interne, le trio joue encore. Le lendemain des obseques du pianiste, a Baton Rouge, en Lousiane, la revue Down Beat lui faisait une place dans son Hall of Fame, galerie de personnages eminents ou l'avaient precede d'autres grands pianistes de jazz?: notamment Bud Powell, Thelonious Monk et Lennie Tristano.
Copyright 2010 Music Story Guillaume Belhomme
Bill Evans