Critique musical
Ne a Londres en 1944, Michael Nyman y etudie le piano, le clavecin et l?histoire de la musique a la Royal Academy of Music. Il entre au King?s College pour entreprendre des etudes de musicologie. Il se tourne en 1964 vers la critique musicale pour de nombreuses revues?: Studio International, Time Out, Tempo, etc. En 1968, dans The Spectator, il commente l?oeuvre de Cornelius Cardew, The Great digest, et utilise pour la premiere fois le terme ??minimalisme?? a propos de musique. Ce genre musical, ne aux Etats-Unis dans les annees 60, se caracterise par la repetition de motifs plus ou moins identiques, consonants, harmoniquement simples. Toujours en 1968, il ecrit le livret pour l?opera de Harrisson Birtwistle?: Down by the Greenwood side. Le meme Birtwistle lui demandera quelques annees plus tard de realiser les arrangements des musiques populaires d?Il Campiello du venitien Carlo Goldoni (1707-1793). C?est a cette occasion qu?il cree le Campiello Band. Cet orchestre de rue etait constitue d?instruments medievaux (sacqueboutes, rebecs) auquel s?ajoutaient banjo, grosse caisse et saxophone. A la suite de cette production, les artistes ne voulant pas se separer, Nyman compose In Re Don Giovanni (1977) d?apres Mozart.
Le Michael Nyman Band
En 1978, certains instrumentistes medievistes quittent l?ensemble, et d?autres artistes, essentiels au style de Nyman (Alexander Balanescu au violon, Catherine Musker a l?alto, Andrew Findon, John Harle et David Roach au saxophone par exemple) se joignent a l?orchestre?: le Michael Nyman Band est ne et, dorenavant, Michael Nyman n?arretera plus la composition. Le style Nyman commence a s?elaborer progressivement?: utilisant largement l?amplification, il developpe ses couleurs instrumentales et des rythmiques particulieres, parfois lancinantes et poignantes, parfois vives et particulierement joyeuses. Sa musique, largement inspiree par Henry Purcell et Georg Haendel (il a d?ailleurs edite leurs oeuvres en 1972,1973 et 1995) est minimaliste et doit beaucoup a ses interpretes qui font preuve de virtuosite et d?exigence.
Peter Greenaway
Sa collaboration avec Peter Greenaway, cineaste anglais ne en 1942, commencee en 1967 avec le court metrage 5 Postcards from Capital Cities,? va durer pres de 25 ans. ?Les 2 hommes vont grandir artistiquement ensemble et developper une demarche??particuliere :?au lieu de recevoir le 1er montage du film comme cela se fait habituellement, Nyman compose la bande originale avant le tournage?; et c?est Greenaway qui, ensuite, adapte ses images a la musique. Cette facon de travailler, si rare au cinema, est proposee par Greenaway lui-meme et va permettre aux compositions d?etre d?une plus grande efficacite dans les films. La preuve se trouve dans les 11 longs metrages de Greenaway pour lesquels Michael Nyman a compose les musiques?: Prospero?s Book,? A Zed and two noughts,The Cook, the thief, his wife and her lover par exemple. C?est en 1982 que les 2 amis accedent a une certaine notoriete avec Meurtre dans un jardin anglais (The Draughtsman?s contract), mais c?est avec?la musique du film de Jane Campion La Lecon de Piano (The Piano), pour laquelle on observe un virage stylistique tres net, que Michael Nyman recoit la reconnaissance internationale.
Incontournable du 7eme art
Outre Greenaway et Campion, Michael Nyman a travaille avec de nombreux cineastes, aux univers tres differents?: Jean Pierre Mocky, Patrice Leconte, Diane Kuris, Christopher Hampton, Andrew Niccol, Anne Fontaine, Neil Jordan, Michael Winterbottom (4 films entre 1999 et 2005), etc. Pour le film d?Antonia Bird Ravenous, il a collabore avec Damon Albarn, leader des groupes Blur et Gorillaz. Par ailleurs, son apport a la cinematographie ne se limite pas aux nouveaux films. Ainsi, L?Homme a la camera de Dziga Vertov, un film muet de 1929, a beneficie d?une bande originale signee Nyman. La creation a eu lieu en 2002 avec le Michael Nyman Band. En dehors de ses oeuvres pour le 7eme Art, Michael Nyman s?est aussi impose, dans une moindre mesure, ?a l?opera, avec notamment Man and Boy?: Dada en 2004 et Love counts en 2005 (les 2 livrets sont de Michael Hastings). Enfin, les commandes affluent sur le pupitre de Nyman?: le Singapore Chinese orchestra, le Badisches Staatstheater de Karlsruhe (Allemagne), le London Sinfonietta ont fait appel a ses talents et le BBC Symphony Orchestra creera a Londres, en mars 2007, sa piece pour orchestre et choeur. Les scenes internationales l?accueillent tous les ans pour des concerts en solo ou avec le Michael Nyman Band. La derniere aventure de Nyman, en dehors de la composition, a ete la creation de son propre label discographique ? MN Records ? en 2005.
Copyright 2010 Music Story Emeline Blanquart
- 2010