Elton John

C'est à dix-sept ans, soit six ans après un premier prix de piano à l'Académie royale, que Reginald Dwight, jeune surdoué, décide de délaisser son éducation classique pour la pop. Jusqu'à la fin des années 60, il se partage entre divers groupes de rhythm'n'blues ou de soul sans lendemain et des petits boulots d'accompagnateur ou de coursier. Après avoir été refusé chez King Crimson et Gentle Giant, il rencontre le parolier Bernie Taupin par petite annonce. L'éditeur Dick James les embauche alors comme compositeurs. Malgré l'échec commercial des débuts, leur collaboration s'avère productive, efficace et de qualité. La cohésion et la finesse du duo est flagrante, aussi bien pour des ballades poignantes que du rock lyrique. John ne change aucun des textes de Taupin mais s'y adapte. L'harmonie est parfaite.
L'usine à hits. En 1970, il s'entoure d'un groupe et commence à se construire une réputation, qui se consolide en 1971 avec « Your Song », son premier succès populaire. La théâtralité de ses prestations laisse le public pantois. Il y maltraite son piano comme Jerry Lee Lewis, fait le poirier sur le clavier et s'attife d'un nombre considérable de costumes et de lunettes délirantes, originales ou grotesques. Côté musique, les disques se succèdent à un rythme effréné : de 1972 à 1975, il parvient à aligner 7 albums (sur un total de 8 sortis pendant cette période) dans le Top Ten américain, avec plusieurs titres de platine comme « Rocket Man », « Daniel », Goodbye Yellow Brick Road ou « Someone Saved My Life Tonight » puis, en 1976, le foudroyant Don't Go Breaking My Heart, en duo avec Kiki Dee. À l'époque, Elton John présente deux facettes bien distinctes : les ballades imparables (Candle In The Wind), soutenu par son jeu délié de piano et sa voix puissante et saccadée, et les morceaux plus durs, proches de l'esprit originel du rock'n'roll (« Saturday Night's Allright For Fighting »).
Il parvient, ainsi, à mener une carrière grand public, mais à être également respecté dans les milieux spécialisés du rock. Incontournable, indispensable, bouffon extravagant ou crooner mélo, il est, par excellence, l'artiste pop des années 70. Cette véritable usine à hits (2 % du chiffre d'affaires de l'industrie musicale à lui tout seul), poète (un recueil en 1976), acteur (dans Tommy, l'opéra rock des Who), premier artiste pop occidental à se produire en Union soviétique (seulement accompagné par l'extraordinaire percussionniste Ray Cooper), connaît pourtant un passage à vide à la fin des années 70.
Renaissance et ?uvres de charité. Après quelques errements disco, il revient toutefois au premier plan avec l'album Too Low For Zero (1983) et le hit, qui sonne comme un avertissement, I'm Still Standing. Il multiplie ses activités : duos avec George Michael, Millie Jackson, Aretha Franklin, producteur pour Olivia Newton-John, Long John Baldry, Neil Sedaka, et auteur de nouveaux succès, comme Nikita. À la fin de la décennie, il traverse cependant une autre période de doute, confesse quinze années d'alcoolisme, de cocaïne et d'excès sexuels. En 1988, il met symboliquement fin à ses extravagances en divorçant de son épouse « alibi », Renata, et en organisant une vente aux enchères d'objets personnels (pour 10 millions de dollars). Depuis, il semble avoir retrouvé une certaine paix intérieure. Toujours actif et militant (il est le bienfaiteur et propriétaire de l'équipe de foot de Watford F. C.), il a créé en 1992 une fondation pour la lutte contre le sida et fait de nombreuses donations à des ?uvres de charité.

Avec ses 100 millions de disques vendus, ses excès, ses traits de génie, ses mélodies subtiles et ses guimauves niaises, son entrée dans le club des plus grosses fortunes anglaises, ses tenues incroyables et son comportement de notable, Elton John est, avec les Beatles et les Rolling Stones, l'un des monuments de la si prolifique musique populaire britannique.

D. M.

En 92, il enregistre « The One » qui flirte avec la cime des charts et devient son disque le plus populaire depuis « Blue Moves ». La même année, il signe un contrat avec Warner pour 280 millions de francs. En 94, il collabore au dessin animé « Le roi lion » de Walt Disney. En 95, son album « Made In England » confirme son retour aussi bien dans le coeur du public qu'en terme de ventes. Idem pour son successeur « The Big Picture » qui sort en 97. Il ré-enregistre « Candle In The Wind » qu'il a interpreté lors des funérailles de la princesse Diana (titre écrit à l'origine pour Marilyn Monroe). Ce single devient sa plus grosse vente mais aussi la plus grosse vente de single de tous les temps. Ensuite, il décide de collaborer à nouveau avec Tim Rice pour « Aida » (une comédie musicale de Walt Disney). Un disque live intitulé « One Night Only » reflète le répertoire joué au Madison Square Garden à la fin de l'année 2000. En février 2001, il se produit au Grammy Awards américain en compagnie d'Eminem, le rapper provocant et soi-disant homophobe à qui il vole la vedette.

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