Nick Drake

C?est en Birmanie ou travaille son pere que Nick Drake voit le jour, il a 2 ans quand sa famille revient s?installer en Angleterre a Tamworth-in-Arden pres de Birmingham. Eleve par une mere melomane, il apprend le piano classique et le saxophone puis, des son adolescence, se met a la guitare en autodidacte et s?essaie au songwriting. A 19 ans, lors d?un concert de charite a Londres, il est repere par Ashley Hutchings de Fairport Convention qui en parle aussitot au producteur du groupe : Joe Boyd. Une cassette est envoyee et Boyd, impressionne, lui fait signer son premier contrat.

Five Leaves Left, premier album etonnant de maturite, sortira en 1969 apres un an d?un travail perfectionniste et lui apportera la reconnaissance de ses pairs. L?ensemble repose sur des chansons reussissant la fusion entre lumiere et melancolie ; il en emane une douceur ouatee, densifiee par la voix et le jeu de guitare particulier de Nick Drake. Mais les bases sont fragiles, malgre un deuxieme album Bryter Layter plus leger et jazzy, la depression, veritable creuset de ses chansons, croit au point de l?empecher tout acte creatif, les ventes catastrophiques des deux disques n?arrangeant rien a l?affaire.

En 1972, sous l?impulsion de Chris Blackwell alors patron d?Island, il trouve la force d?enregistrer son troisieme et dernier album Pink Moon, entierement acoustique, mettant a jour une lutte desesperee contre un vide envahissant, et qui se vend encore moins bien que le precedents. Son etat empire au point qu?il abandonne l?enregistrement d?un quatrieme album en 1974. Malgre une derniere eclaircie, lors de laquelle il se rendra a Paris pour rendre visite a Francoise Hardy qui lui avait demande de composer pour elle, il meurt la meme annee, a 26 ans, d?une overdose de tranquillisant dont on ne sait s?il s?agit d?un suicide ou d?un accident.

De son vivant, Nick Drake n?aura jamais connu le succes et l?histoire de la musique aurait bien pu se faire sans lui. Mais il reste ses disques, intemporels, impregnes de melancolie et sans un grumeau de rancoeur ou d'apitoiement. Cette melancolie, loin d?etre etouffante, emane doucement en joyaux fragiles : imaginez le gracile ? Alone again or ? de Love, impregne de beaute noire et profonde. La conclusion s'impose d'elle-meme : que vous aimiez ou detestiez le folk importe peu : ecoutez...

Copyright 2010 Music Story Claude Moreau