Toots Thielemans

Toots Thielemans apprend très jeune la musique sur un accordéon et un harmonica, avant d'entendre pour la première fois le guitariste manouche Django Reinhardt. Du coup, il achète une guitare avec laquelle il essaye de reproduire d'oreille les premiers enregistrements américains d'après-guerre disponibles en Belgique. Cette étape le prépare à une carrière de jazzman qu'il inaugure devant un public de militaires américains basés en Europe. C'est là qu'il entend les premiers échos de celui dont tout le monde parle : Charlie Parker. Il est déjà décidé à se rendre aux Etats-Unis lorsqu'il rencontre Benny Goodman, qui lui propose de travailler avec lui durant deux ans dans le cadre de sa tournée en Europe. Une fois la tournée finie, il entreprend de suivre les musiciens qui rentrent aux Etats-Unis. Puisqu'il a choisi le jazz comme mode d'expression, il prend New York comme nouvelle terre d'asile. Dans un premier temps, il se fait connaître en allant se confronter aux autres solistes sur les scènes des clubs de la ville. De fil en aiguille, il se fait embaucher par la chanteuse Dinah Washington et par George Shearing avec qui il va jouer près de sept années. Au début des années 60, Toots Thielemans assure la formation de ses propres groupes avec lesquels il joue en club et se produit sur les scènes européennes. Il s'installe pour une courte période en Suède et, de retour aux Etats-Unis, il signe avec une chaîne de télévision qui lui assure un revenu plus ou moins stable. Il compose à cette période plusieurs musiques de spots publicitaires pour lesquels il utilise un de ses atouts supplémentaires, le sifflement, qu'il maîtrise et utilise pour s'accompagner à la guitare et jusque dans l'improvisation, comme d'un instrument à part entière. De la musique de publicité à la musique de film, il n'y avait qu'un pas qu'il franchit au milieu des années 60 lors d'une collaboration rapprochée avec Quincy Jones. Toots ne connaît pas de frontières, il passe ainsi de la variété au jazz, invité par Paul Simon ou Oscar Peterson, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Bill Evans, Jaco Pastorius et Spyro Gyra. En plus de l'enseignement qu'il dispense aux Etats-Unis, il apparaît de temps à autre sur les plus grandes scènes des clubs et festivals depuis la fin des années 70. Ensuite, sa discographie en leader ou comme invité ne cesse de s'enrichir jusqu'à la fin des années 90. Avant d'être reconnu internationalement, il aura surtout été le premier à entrer sur la scène du be bop avec un harmonica, sous l'impulsion de Charlie Parker qui avait une grande considération pour lui. Il marque une évolution sans précédent dans l'histoire de cet instrument et reste sans doute le Belge le plus célèbre de l'histoire du jazz.

photo : © Mephisto

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